Des abattoirs à abattre : anatomie du propre et de l'impropre

Les abattoirs représentent un univers craint et fantasmé. A travers les sons et l'histoire des abattoirs d'Anderlecht, c'est un peu plus d'un siècle d'évolution historique qui se dessine. Le rapport à la mort, à la consommation, l'évolution des métiers, de l'industrie: tout est cristallisé dans cette immense place que sont les abattoirs et autour desquels, quotidiennement, des gens vivent et travaillent.

Dès mars 2011, BNA-BBOT se penche sur la richesse patrimoniale que constitue l'abattoir d'Anderlecht.

L’abattoir d’Anderlecht est un lieu singulier. Il est l’un des seuls en Europe qui se trouve encore en ville et qui, fait exceptionnel, couvre tout le processus d'abattage, de l'arrivée de l'animal vivant jusqu'à la vente en détail. Beaucoup de Bruxellois l’ignorent. Et pour cause : l’abattoir d’Anderlecht ne fait l’objet d’aucune forme d’information et ne jouit d’aucun prestige – phénomène assez récent dans l’histoire du site. Pourquoi ? Certes, il est implanté à l’extrême limite d’un quartier ayant mauvaise presse. Certes, le patrimoine industriel (passé et) contemporain ne fait pas partie de la « culture » aujourd’hui prisée, fût-elle médiatique. Certes, les modes alimentaires, et particulièrement les modes alimentaires propres à une certaine classe influente, ne charrient plus tant la chair que la molécule. Mais encore ? Quels sont les ressorts de l'invisibilité de cette exception bruxelloise que représente l’abattoir d’Anderlecht? Concentrant une richesse patrimoniale tant matérielle (l’histoire du site et du quartier) qu’immatérielle (l’histoire d’un métier et d’un rapport social à la chair morte), l’abattoir d’Anderlecht nous semble offrir un sujet d’exploration créative inédite.

Conception et réalisation : BNA-BBOT

En partenariat avec les Facultés Universitaires Saint-Louis et La Cambre architecture

Coproduction : Bruits asbl

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